Amnésie temporaire

jeudi 31 mars 2005

Hors d'oeuvres d'art

Rions un peu. Trouvé via Big Picture, le blog de Corine Lesnes, journaliste du Monde dans le pays du grand N'importe-quoi, ce coup de l'artiste anglais Banksy qui a installé, sans se faire prendre, certaines de ses oeuvres dans des musées new-yorkais. J'aime beaucoup !!

L'action en image, c'est là-bas.

Les oeuvres, ici :



Réseau Voltaire Out

Je viens de tomber , via Rezo.net, sur un article intitulé La fin du Réseau Voltaire signé de Michel Sitbon, Gilles Alfonsi, et Jean-Luc Guilhem. Les signataires étaient jusqu'au 26 février 2005 membres du Conseil d'administration du Réseau Voltaire. Ils expliquent comment le Réseau Voltaire a été infiltré puis retourné. Très instructif. Où comment une bonne idée à la base peut dévier de sa trajectoire initiale à l'insu du plein gré de certains de ses membres.

Il apparaît évident, avec ce que l'on sait maintenant, que la publication des thèses de Thierry Meyssan aura été, dès le départ, instrumentalisée par la diplomatie française pour déployer une "ligne" diplomatique de type "gauchiste" aussi bien dans le monde arabe qu'en Amérique latine. (...) Le naufrage du Réseau Voltaire sera probablement son dernier service rendu à la connaissance du monde qui nous environne: on sait maintenant comment une association se fait infiltrer et retourner. On voit même comment un individu peut se faire instrumentaliser, comment un travail peut changer d'orientation, par les subtils leviers de la manipulation étatique.

Je ne connais pas le site amnistia.net qui publie ce document et encore moins ses auteurs. J'ai donc googlé pour trouver que

  • Michel Sitbon est éditeur de la collection "l´esprit frappeur" et l'auteur de deux ouvrages dans cette collection, Plaidoyer pour les sans-papiers et Un génocide sur la conscience en 98. Après vérification, il est aussi éditeur de matos pronographique depuis 85, ceci permettant sans doute de financer cela.
  • Gilles Alfonsi est le rédacteur en chef de la revue Combat face au sida : santé, drogue, société. Il a écrit Sida : ordre et désordre du monde (Golias). Il est aussi membre du conseil national du PCF, dans la mouvance critique.
  • Jean-Luc Guilhem est membre du comité éditorial de la revue Combat face au sida : santé, drogue, société.


Switch off

Je voudrais profiter du coup de gueule d'hier sur l'amendement anti-éolien pour parler un peu d'économie d'énergie. J'ai trouvé sur le site du cabinet SIDLER une étude extrèmement intéressante. Il s'agit d'une campagne de mesure des consommations électriques effectuée sur les équipements de bureautique et d'éclairage dans 50 bâtiments de bureau de la région PACA. Et c'est très instructif !!

Pour les ordinateurs (écran et unité centrale), la consommation totale d'électricité a été étudiée suivant le matériel, puis décomposée suivant l'état de l'équipement. Le résultat est édifiant. Pour les écrans, la consommation moyenne est de 161 kWh/an :

  • 25 % de la consommation correspond à l'état de marche avec utilisation,
  • 68 % à l'état de marche sans utilisation, et
  • 7 % à l'état de veille ou d'arrêt.

Ce qui signifie qu'environ les deux tiers de la consommation électrique des écrans correspondent à du gaspillage : écran allumé mais non utilisé.

Pour les unités centrales (consommation moyenne de 215 kWh/an), le constat est le même avec des chiffres encore plus éloquents :

  • 16 % de la consommation correspond à l'état de marche avec utilisation,
  • 77 % à l'état de marche sans utilisation, et
  • 7 % à l'état d'arrêt.

On peut tirer deux constatations de ces quelques chiffres :

  1. l'utilisation avisée des gestionnaires d'énergie, aussi bien pour l'écran (réglé sur 10 minutes par exemple) que pour l'unité centrale (20 minutes semble plus approprié), permettrait de réduire de manière plus que significative le gaspillage constaté ;
  2. les ordinateurs consomment de l'électricité même à l'arrêt. Je ne le savais pas non plus. A quoi est-ce dû ? Aux transformateurs intégrés aussi bien aux écrans qu'aux unités centrales. Eteints, mais branchés, ils continuent de consommer. Pour éviter cette consommation cachée, il suffit d'acheter une barette multiprise à interrupteur et d'y raccorder l'ensemble du matériel informatique.

D'après l'étude, les économies correspondantes seraient :

  • pour l'utilisation du gestionnaire de veille à 10 minutes pour l'écran de 119 kWh/an, soit 60 % d'économie ;
  • pour l'utilisation du gestionnaire de veille à 20 minutes pour l'unité centrale de 104 kWh/an, soit 51 % d'économie ;
  • pour l'utilisation d'une barette multiprise de 23 kWh/an, soit 6 % d'économie.

Simple comme bonjour, non ? Encore faut-il le savoir...



mercredi 30 mars 2005

Amendement pourri

Je suis assez remonté ce matin ce soir. En fait, je n'avais pas cru que cet amendement passerait jusqu'à ce que je lise que c'était chose faite tout à l'heure. Mais bon, calmons-nous avant de résumer.
Inspiration
Expiration
Aooouuuuuummmm...

Bref. Donc, dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, la France s'est engagée au niveau européen pour produire 21 % de son électricité à partir de sources renouvelables (vent, biomasse, soleil, barrages, etc.) à l'horizon 2010. Pour cela, différents mécanismes ont été mis en place afin de permettre le développement de des filières. Pour l'éolien, il s'agit d'une obligation pour EDF de racheter l'électricité produite à un tarif fixé par le gouvernement, tarif d'incitation suffisamment élevé pour créer une dynamique. L'objectif étant pour l'éolien d'arriver à une capacité de production de 5 à 10 000 MW, ce qui n'est pas rien. Etaient éligibles à ce tarif de rachat les projets dont la puissance ne dépassait pas 12 MW.

Or, un amendement à la loi d'orientation sur l'énergie a été voté hier soir. Il n'est pas anodin car il change littéralement les règles du jeu. Ainsi, ce ne sont plus les projets de puissance inférieure à 12 MW qui sont éligibles, mais ceux d'une puissance supérieure à 20 MW. Fini donc les "petits" projets. Exit l'investissement local dans des projets construits avec la population comme cela a été fait par l'association Avel Pen ar Bed en Finistère ou bien comme cela est / était prévu par Eoliennes en Pays de Vilaine près de Redon.

S'agit-il de protéger le paysage ? FOUTAISES !!! Il s'agit purement et simplement de couler une filière pour le bénéfice d'une autre, déjà toute puissante en France.

Il y a énormément à dire et à faire sur le sujet. Mais comme sur d'autres thèmes, derrière les discours gouvernementaux dégoulinant de belles paroles pour l'opinion publique, il y a les actes qui ne correspondent pas à une vision politique mais à des intérêts bien placés.



lundi 28 mars 2005

Pour compenser...

MeucsCette fois, c'est en flânant sur culture-sf.com que j'ai trouvé cette traduction de Meat the press, un texte de Terry Bisson qui s'attaque aux conditions de détention des détenus afghans sur les bases militaires américaines. Le texte date de février 2003, bien avant Abou Ghraïb.

Pour le coup, on se situe de l'autre côté du spectre politique américain puisque Terry Bisson a écrit une biographie de Mumia Abu Jamal. Allez, je rajoute Meucs sur ma liste de bouquins à lire.



Simmons out

Bon, je suis un peu à la ramasse dans les mises à jour du blog. J'avais prévu de mettre en ligne ma lecture de "Identification des schémas" de William Gibson, et puis en déambulant sur fras, je suis tombé sur ce texte de Dan Simmons issu de Worlds Enough & Time (Subterranean Press, 2002) (d'après le site galaxies-sf.com cette fois).

«Alors que j’écris ces lignes, en ces premiers mois, ces premières heures du XXIe siècle, la vaste et rancunière machine de la critique universitaire est pilotée par les mains mortes de quelques nabots français tels que Michel Foucault et Jacques Derrida. La France, une nation qui, selon toute probabilité, n’a produit ni grand écrivain ni grande littérature durant la totalité du XXe siècle contrôle néanmoins la totalité du discours sur la littérature du XXIe siècle, et ce grâce au sophisme tout simple qui consiste à nier le caractère central de l’auteur, la réalité des personnages et la puissance transcendante du langage et de la littérature elle-même. Comme l’écrit Tom Wolfe dans un récent essai : «Ils (Foucault, Derrida et leur légion lycanthropique de suiveurs) ont commencé par gonfler hors de toute proportion une déclaration de Nietzsche selon laquelle il n’est pas de vérité absolue, mais seulement plusieurs «vérités», qui sont autant d’outils de divers groupes, classes ou forces. À partir de là, les déconstructionnistes ont abouti à la doctrine selon laquelle le langage est le plus insidieux des outils. Le devoir du philosophe est de déconstruire le langage, d'exposer ses arrière-pensées et de contribuer à sauver les victimes de l’«establishment» américain : les femmes, les pauvres, les non-Blancs, les homosexuels et les arbres.»

J'avais bien aimé Hypérion et ses suites, ainsi que l'échiquier du mal et les forbans de Cuba. Tant pis... M'ferait presque penser à Dantec pour le coup. Pas grave, il y a tellement d'auteurs intéressants à découvrir.



jeudi 24 mars 2005

Prisonniers de guerre

Je voudrais annoncer la tenue à Lorient les 8 et 9 avril prochain d'un colloque international sur la captivité des prisonniers de guerre. Le programme dès demain, mais ce soir, je vous offre les affiches, très belles, du colloque et de l'exposition à la base du projet.

Colloque Expo



dimanche 20 mars 2005

Le libraire

Je viens de finir le libraire de Régis de Sa Moreira au Diable Vauvert (encore et toujours !). Pour moi, c'est la rencontre de Magritte et de Fantasia (cherchez pas !). J'adore !

Le libraire



samedi 19 mars 2005

Au diable

J'en profite pour dire tout le bien que je pense de la maison d'édition qui a commis La parabole des talents : Au diable Vauvert. Une maison qui se définit comme "indépendante, alternative et de convictions". Tout un programme. Et je dois dire que par les temps qui courent, l'indépendance d'une maison d'édition est une chose qui se fait rare, et donc qui devient précieuse. Quand en plus, elle est alternative et de convictions, je suis charmé. Et quand la conviction est qu'"un humanisme nouveau doit et va trouver à s'exprimer", et qu'on trouve pèle-mèle mauvais genres et documents sans distinction de collection, je dis BANCO ! Les découvrir, c'est les adopter !!

Parmi ceux que j'ai déjà dévorés et adorés, en plus des deux paraboles d'Octavia E. Butler, il y a :

  • La folie de Dieu et Rihla (récits initiatiques dans des univers historiques fantastiques) de Juan Miguel Aguilera,
  • L'évangile du serpent et L'ange de l'abîme (Tomes 1 et 2 de la trilogie des prophéties) de Pierre Bordage,
  • American Gods (mythologies celtiques et nordiques contre mythes modernes) de Neil Gaiman

La folide Dieu Rihla L'évangile du serpent L'ange de l'abîme American Gods



La parabole des talents

La parabole des talents ''Tout ce que tu touches
Tu le changes.

Tout ce que tu changes
Te change.

La seule vérité permanente
Est le Changement.

Dieu est Changement.''

Fin - provisoire - de ma période science-fiction et humanisme. J'ai terminé hier la lecture de La parabole des talents d'Octavia E. Butler, livre pour lequel j'avais déjà témoigné de mon intérêt ici. J'avais beaucoup aimé le premier tome, La parabole du semeur, qui raconte, à travers son journal, l'histoire d'une toute jeune femme noire, Lauren, dans un futur proche où la société américaine est en pleine désagrégation. Fille de pasteur, elle crée son propre univers religieux, Semence de la Terre, autour d'une idée phare : Dieu est changement. Après la destruction de la communauté dans laquelle elle a grandi et la mort des siens, elle fuit sur les routes. Au hasard des rencontres et des dangers, elle consolide sa foi et commence à prêcher.

On retrouve dans La parabole des talents l'héroïne à travers son journal au fur et à mesure de sa découverte par sa fille. La communauté qu'elle a fondé se développe, mais les temps ne sont pas appaisés et l'intégrisme religieux menace. J'ai repris avec enthousiasme le cours de cette histoire, retrouvé des personnages forts, et l'espoir, jamais éteint, de construire un monde meilleur. J'ai lu quelque part sur la toile qu'il s'agissait d'un roman de sf féministe. Eh bien oui ! Les femmes SONT et FONT cette histoire d'espoir et de lutte qui pourrait être notre tellement le futur décrit par l'auteur trouve des échos dans les germes pourris de la situation actuelle.

J'ai donc repris avec enthousiasme cette histoire, et je n'ai pas été déçu. L'écriture est agréable, malgré quelques utilisations abusives du passé simple que je mets sur le compte de la traduction, et l'utilisation du journal de l'héroïne, mise en perspective par la lecture qu'en fait sa fille des années après l'action, permet de garder une unité au récit malgré son étalement sur plusieurs années. Enfin, la référence à la parabole des talents à deux reprises - au début et à la fin du livre - n'a pas manqué de questionner mon ignorance en la matière (mes seuls cours de catéchisme ont été les BD dans Astrapi et Okapi !!). Quel sens y donner dans le contexte du livre ? J'ai donc farfouillé sur la toile dans l'espoir de ne pas passer à côté de l'interprétation de cette parabole.

Car le royaume des cieux est semblable à un homme sur le point d'accomplir un voyage en terre lointaine. Il appelle auprès de lui ses serviteurs et leur distribue ses biens. A l'un, il remet cinq talents ; à l'autre, deux ; au troisième, un seul. A chacun, il donne selon ses capacités respectives. Puis sans attendre, il se met en route.
Celui qui avait reçu cinq talents s'en fut négocier avec quelqu'un qui possédait une somme équivalente et l'opération lui permit de récolter cinq nouveaux talents. Celui qui en avait reçu deux fit de même. Le dernier, à qui l'on n'avait remis qu'un seul et unique talent, creusa un trou dans le sol où il enfouit l'argent confié par son maître.
Lontemps après, celui-ci revint et fit comparaître ses serviteurs. A chacun de ceux qui avaient su faire fructifier la somme remise, il tint le discours suivant : "C'est bien, bon et fidèle serviteur, tu as su te montrer digne de la confiance que j'avais placée en toi, je puis désormais m'en remettre à tes mérites et te confier un vrai trésor. Entre, sois le bienvenu dans la joie du Seigneur."
Quant à celui qui s'était contenté d'enterrer son talent de peur de le perdre, le maître parla en termes sévères : "Mauvais serviteur, homme paresseux... Sachant que j'avais moissonné là où je n'avais pas semé, et récolté là où je n'avais pas fertilisé, tu aurais dû remettre le talent reçu entre les mains du banquier. A mon retour, j'aurais ainsi trouvé mon capital enrichi des fruits de l'usure. Qu'on lui retire ce talent pour le remettre à celui qui en a déjà dix. Car les vertueux recevront davantage et seront comblés ; en revanche le misérable se verra privé de tout, même du peu qu'il possède.

Bible du Roi James Evangile selon Saint Mathieu, 25, 14-30

L'explication la plus claire de cette parabole, je l'ai trouvée ici. Il faudrait voir dans la parabole une description du jugement dernier. "Ainsi pour avoir part au salut, il ne suffit pas d'écouter la parole de Dieu, il faut la mettre en pratique pour lui faire porter du fruit. (...) L'optique est celle d'une exhortation à se montrer actif en faisant passer dans ses actes le message évangélique."

Le sens de la parabole est illustré par le récit de Lauren qui consacre sa vie à transmettre le message d'espoir qu'elle a construit à partir des évangiles que son père, pasteur, lui a enseigné. Je ne suis pas certain de ne pas avoir perdu une interprétation en route, mais en tout cas je comprends un peu mieux le titre du livre et j'ai la satisfaction de ne pas être passé à côté d'éléments importants comme ça a été le cas lors de ma lecture de La grande faucheuse de James Morrow.



vendredi 11 mars 2005

Orcheron

OrcheronSuite d'Abzalon, Orcheron se déroule huit siècles après l'arrivée des colons sur leur nouvelle planète. Huit siècles, le temps pour qu'une nouvelle société se structure et se développe. Les personnages clés d'Abzalon sont devenus autant de héros mythologiques, chacun servant de guide à une partie de la société. On trouve ainsi les djemales, disciples de Qval Djema, qui vouent leur existence à la recherche du "présent", les chasseurs lakchas qui chassent les troupeaux de yonks et approvisionnent les domaines agricoles tenus par les mathelles tandis que les ventresecs vivent en nomade sur le continent du Triangle.

C'est surtout cette construction d'une société et le récit du déséquilibre entre groupes qui grandit en même temps que ceux-ci s'étendent à la surface du continent qui m'ont intéressé. Orcheron est le roman de cette perte d'harmonie : les mathelles cherchent à étendre leur pouvoir séculier, les djemales perdent la substance de l'enseignement de Djema en l'institutionnalisant, et les lakchas, seule force exclusivement masculine dans ce monde matriarcal, rêvent à un pouvoir qui leur semble du. Les ventresecs, nomades, vivent beaucoup plus en harmonie avec ce nouveau monde. Mais chez Bordage, si même les personnages les plus sombres ont toujours des lumières d'humanité en eux, aucun n'est tout blanc pour autant.

Roman de l'harmonie, de son oubli et de ces conséquences, Orcheron m'a transporté. Je parle du livre. Parce que les personnages centraux - Orcheron, Alma et Ankrel - souffrent de l'immensité des plaines dans lesquelles ils évoluent. Ils perdent en consistance ce qu'ils gagnent en espace. L'inverse d'Abzalon et d'Ellula, personnages forts auxquels je m'étais attaché dans le premier tome de ce dyptique.



mardi 8 mars 2005

A vendre

J'ai d'abord trouvé cette histoire rigolote... puis insolite. Et ma petite femme m'a finalement fait remarquer que c'était surtout très triste.

Alors c'est l'histoire d'un mec... il vit à la campagne. Seul, sans doute. Et devant sa maison, qui lui appartient, il a installé un écriteau "A VENDRE". Pourquoi ? Parce que certains s'arrêtent et que comme ça il a des gens à qui parler.



Culture politique

François Léotard, dans l'émission 7 à 8 dimanche soir et dans le zapping du lendemain :

"Ca réduit d'abord intellectuellement. Parce que vous avez des hommes politiques qui lisent un livre tous les six ans, hein... qui sont incultes. Je serai curieux de savoir quel est le dernier livre qu'a lu M. Chirac, M. Gaymard, M. Hollande... Ca m'intéresse. A mon avis, rien... rien."

"Dans la vie politique, il y a un fond de cruauté assez exceptionnel."

C'est toujours intéressant d'avoir un avis éclairé sur la question...



lundi 7 mars 2005

Loin des yeux, loin du coeur...

Le tsunami a décidément des effets inatendus. Et une fois encore, c'est l'Afrique qui trinque.

Les tsunamis qui ont frappé l’Asie en décembre dernier ont permis de redécouvrir des déchets radioactifs immergés illégalement par les pays occidentaux le long des côtes de la corne africaine. C’est ce que révèle un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, intitulé « Après le tsunami - Une évaluation environnementale préliminaire », publié mercredi.

La suite, chez Afrik.com.

Il s'agit de déchets radioactifs déversés au large des côtes somaliennes, durant les années 80 et 90, par des pays occidentaux et qui sont réapparus au large des côtes de Somalie et du Kenya. Ils sont en état d'usure avancée et déjà, le rapport du PNUE indique qu' « un nombre important d’individus dans les zones somaliennes affectées se plaint de problèmes de santé inhabituels, y compris de problèmes pulmonaires graves et d’infections de la peau ».

Par ailleurs, dès juillet 2004, un article du Corriere della Sera repris par Courrier International, puis par le portail de l'eau Planète Bleue, alertait sur la Somalie, poubelle de l'Europe. Ainsi, le directeur adjoint d'une coopérative de pêcheurs déclarait : "Nous avons relevé de nombreux cas de cécité. Il est parfois possible de pêcher avec les mains : les poissons ne bougent pas, ils ne fuient pas. Quant aux tortues, elles sortent déposer leurs oeufs sur le sable, mais ensuite, au lieu de retourner à l’eau, elles avancent toujours plus loin sur la terre ferme."

Un fonctionnaire de Genève témoignait sous couvert d'anonymat : "Nous savons très bien que le trafic est désormais entre les mains du crime organisé. Dans les pays occidentaux, l’élimination des déchets coûte 250 dollars la tonne ; en Somalie, il ne coûte que 2,5 dollars. Il n’est pas difficile d’imaginer les profits considérables que génère ce trafic. Nous savons que des bateaux naviguent au large des côtes extrêmement poissonneuses de l’Afrique et déchargent tout et n’importe quoi. Les containers qui s’ensablent sur la côte ne sont qu’une infime partie des caisses qui gisent au fond de la mer. C’est surtout là qu’est le danger. Et il ne s’agit pas seulement de substances chimiques toxiques, mais également de déchets radioactifs, provenant de centrales nucléaires, et de déchets plus banals, issus de produits hospitaliers. Lorsque les containers et les citernes, usés et rongés par l’érosion, déverseront leur contenu mortel dans la mer somalienne, ce sera la catastrophe."

Note : le crime organisé commence dès lors que les responsables de ces déchets cherchent à s'en débarasser sans les assumer. Pour mémoire, entre le début des années 50 et 1993, les déchets nucléaires provenant des centrales européennes ont été jetés en mer à partir de navires dans l’Atlantique Nord et entre les îles anglo-normandes et le cap de la Hague. Ce n'est que sous la pression que les gouvernements ont interdit cette pratique.

Greenpeace



dimanche 6 mars 2005

Lost in translation

Qui a dit qu'il n'y avait que des messages sérieux sur mon blog ? La preuve ?

Grâce à http://blogmarks.net/ (dont je n'ai pas compris le fonctionnement tout de suite non plus), j'ai trouvé cette page qui est peut-être à l'origine du très beau film qu'est Lost in translation.

La suite en images...



Les influenceurs

Voici la présentation du service du site Les Influenceurs.

Les Influenceurs est un service de recommandation de bouche à oreille. Les blogueurs etc. peuvent choisir les produits/services/causes qu'ils souhaitent recommander et afficher un logo sur leur site. Les clics sont ensuite comptés afin de pouvoir voir qui recommande quoi.

L'idée est intéressante. Voir à l'usage...

Les Influenceurs
Recommandé par des Influenceurs.


D'un don de la farce

Via les influenceurs (que je ne connaissais pas et dont je n'ai pas encore bien compris le fonctionnement), je suis tombé sur un site formidable : http://www.recupe.net/.

RECUPE - Donner au lieu de jeter
Recommandé par des Influenceurs.

Le principe : des petites annonces, non pour vendre des produits ou services, mais pour les donner ou les offrir. Il y a tant de choses utiles, futiles ou parfois justes belles, qui ne servent pas et finissent à la poubelle faute de repreneur. Ce site permet de mettre à la disposition des autres ce que l'on souhaite. La recherche se fait géographiquement (par département) ou par ordre d'arrivée des annonces.



mercredi 2 mars 2005

Andy Singer - encore !!

Allez, quelques dessins et le lien d'où ça vient : http://cagle.slate.msn.com/ et plus précisément http://cagle.slate.msn.com/news/SingerCars/.



Anti-voitures

Et je ne peux pas résister au plaisir d'une autre couverture. Et tant qu'on est dans le sujet de la-bagnole-qui-pue-et-qui-pollue, je remercie Madame Martin pour le lien vers le blog anti-voitures.

La décroissance



Andy Singer

Je ne peux que vous inviter à découvrir le talentueux Andy Singer. Ses dessins sont notamment repris en France dans le journal La décroissance - le journal de la joie de vivre.

La décroissance



Anti-capitalisme et sorcières néopaïennes

Il y a quelques jours, je m'adonnais tranquillement à mon exercice masochiste préféré - me promener dans des librairires et ne rien acheter, grrrr... - quand je suis tombé sur la couverture du livre de Philippe Pignarre et d'Isabelle Stengers, La sorcellerie capitaliste - pratiques de désenvoûtement (éd. La découverte). Je n'ai pu faire autrement que m'en saisir et exacerber ma curiosité avec la quatrième de couv' (décidément, j'en parle beaucoup de celles-là).

C’est entendu : il existe une horreur économique encore plus cruelle au Sud qu’au Nord. Mais la dénoncer ne suffit pas : si la dénonciation était efficace, il y a longtemps que le capitalisme aurait disparu… Les auteurs appellent « capitalisme » ce système qui s’invente en permanence et nous saisit à travers des alternatives infernales, du type : « Si vous demandez des droits supplémentaires, une augmentation de salaire, vous favorisez les délocalisations et le chômage. » Comment ne pas être paralysé ? D’autres peuples ont appelé cela un système sorcier. Et si ce n’était pas une métaphore ? Et si c’était même le meilleur nom que l’on pouvait donner à la prise que le capitalisme exerce sur nous, nous aidant, du coup, à réfléchir aux manières dont nous pouvons avoir prise sur lui ? Pourquoi avons-nous été si vulnérables à un tel système ? Comment se protéger ? Certaines idées partagées par toute la gauche, et d’abord la croyance dans le « progrès », n’auraient-elles pas donné au capitalisme le moyen de nous rendre impuissants ? En tentant de répondre à ces questions, ce livre ne propose ni un programme, ni une nouvelle théorie. Il vise plutôt à encourager tous ceux et celles qui résistent à la résignation, et dont les réussites toujours partielles doivent être racontées, célébrées, relayées. Car l’émergence d’une alternative, loin de se réduire à l’accumulation de luttes défensives et de postures « révolutionnaires », passe plutôt par la construction patiente et joyeuse d’un autre rapport aux autres et au monde, sans que rien de ce que chaque collectivité expérimente soit passé sous silence. C’est un anticapitalisme pragmatique que les auteurs souhaitent ici mettre en discussion, dans la suite du cri lancé à Seattle : « Un autre monde est possible ! »

Malgré tout l'attrait du bouquin, ma volonté a été la plus forte et il est resté sur le présentoire. Je n'en ai pas moins cherché à en savoir plus, et j'ai découvert à cette occasion le magazine en ligne Périphéries qui publie un long article sur le livre de Philippe Pignarre et d'Isabelle Stengers. Par ricochet, j'ai trouvé au même endroit un autre long article qui aborde le livre Femmes, magie et politique de l'américaine Starhawk (éd. les Empêcheurs de penser en rond) où il est question de sorcières néopaïennes. Tout un programme !

La sorcellerie capitaliste Femmes, magie et politique



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